Présentation de l’homme qui roule

Pour symboliser l’homme blessé, Guy Taburiaux et Bertrand Besse Saige ont sculpté,
à quatre mains, «L’Homme qui roule». Bertrand Besse Saige aura prêté ses mains
imaginaires car il est paralysé à la suite d’un accident. Le personnage semble naître
d’un mouvement créateur où deux volutes représentant son fauteuil donnent
naissance, pour l’une à un corps glorifié se levant dans une aspiration irrésistible,
l’autre un arc dans une tension extrême où s’expriment les contraintes de l’existence.
Corps, matière, objet et énergie ne semblent plus faire qu’un. Un souffle immatériel
propulse «L’Homme qui roule» vers son destin. Il bande un arc surhumain ; s’engage
un combat entre la contrainte et la liberté. Chacun d’eux sait que sa vie dépend de
l’autre. Et pourtant l’esquif prend son envol, propulsé par le souffle de l’enthousiasme
de voir décoller la créature, remontant face au vent, retournant les courants. Déjà on
ne voit plus le fauteuil, il n’est qu’un instrument et voici qu’apparaît l’image illimitée
de la liberté.
«L’Homme qui roule» est l’archétype moderne de l’homme blessé, malade ou
handicapé, comme «l’Homme qui marche» de Giacometti est le symbole de l’homme
qui bouge avec détermination.
Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, une génération d’hommes blessés
se lèvent grâce à la révolution de l’autonomie, le partage des moyens, la recherche,
la médecine, la technologie, l’accueil.
L’homme moderne, devenu fragile, est blessé à la veille des échéances d’adaptations
incontournables que doit relever l’humanité. Comme «L’Homme qui roule», il nous
faut trouver une dynamique d’adaptation. L’homme moderne y parviendra.

Le dossier de présentation complet.